LA LETTRE MENSUELLE - Juin 2022
MACRO CORNER
L'angoisse sur la tech US et l'inflation pourrait diminuer
L’épuisement de la baisse des valeurs de la tech américaine et la stabilisation du marché obligataire US pourraient permettre, à court terme, un rebond des marchés des actions. Mais l’idée souvent évoquée d’un « pic d’inflation » doit être relativisée.
Du point de vue de l’investisseur américain l’événement essentiel des dernières semaines a été la nouvelle correction du monde de la tech (graphique 1). Cette correction est sans rapport direct avec les évolutions macro-économiques récentes. Elle représente la poursuite d’un processus d’assainissement après la bulle des valeurs du « monde de demain » achetées en masse par les investisseurs individuels pendant l’année 2020. La bonne nouvelle est que le processus de normalisation des cours de bourse semble désormais très mûr, comme en témoigne aussi les forts dégagements dans le monde des cryptoactifs.
Outre la bonne nouvelle de l’assainissement du marché de la tech, les indicateurs économiques récents suggèrent que l’économie américaine pourrait être en train de passer de la surchauffe à une phase de modération (graphique 2). La hausse vertigineuse des prix de l’immobilier et la flambée des taux hypothécaires semblent enfin décourager les acheteurs, comme l’indique la forte baisse des ventes de maisons neuves en avril (-16,6%, après déjà -0,5% en mars). Il faut cependant rester prudent car cette baisse témoigne aussi, voire surtout, d’un déficit d’offre sur un marché où la demande reste forte. Il s’agirait donc plus d’un craquement que d’un krach. L’indice PMI composite a par ailleurs baissé sensiblement au mois de mai (à 53,8, après 56,0 en avril), signe d’une normalisation de la croissance. Enfin, les demandes d’indemnités chômage ont légèrement remonté depuis quelques semaines, pour s’installer au-dessus de 200.000 par mois. Si la modération de l’économie américaine se confirmait, elle alimenterait l’idée optimiste du « pic d’inflation », idée souvent évoquée sur les marchés ces derniers jours et appuyée par l’accalmie des mesures d’inflation sous-jacentes des derniers mois (+0,3% sur le déflateur de la consommation hors alimentation et énergie en avril, pour le troisième mois consécutif).
Cette idée d’un pic d’inflation ne ferait cependant que valider les anticipations déjà anciennes des marchés financiers et même des ménages. Les prix des marchés n’ont en effet jamais intégré le scénario d’une inflation durablement forte (graphique 3). Alors que l’inflation américaine se situe à +8% aujourd’hui (en glissement annuel), les marchés anticipent qu’elle se situera en moyenne à moins de +3% par an au cours des dix prochaines années. Cet ancrage des anticipations d’inflation à moyen et long terme est aussi présent chez les ménages, comme le montre mois après mois l’enquête de l’Université du Michigan. La normalisation de l’inflation étant déjà intégrée par les agents, elle a donc peu de chances, si elle se réalise, de produire une forte baisse des taux à long terme – sauf à parier sur une récession, ce qui nous semble prématuré.
En Europe, le ralentissement de l’inflation ne semble pas encore à l’ordre du jour. Dans les enquêtes récentes (IFO, INSEE, PMI), les entreprises de la zone euro témoignent pour l’instant d’une bonne résilience économique malgré le choc ukrainien, et d’une poursuite des hausses de leur prix de vente. Les salaires accélèrent aussi, s’approchant des +3% de hausse annuelle (graphique 4). Enfin, si la baisse récente du prix du gaz est bienvenue, le prix du pétrole Brent s’approche à nouveau des 120$ le baril. Pour toutes ces raisons, la BCE a annoncé qu’elle comptait accélérer la normalisation des taux d’intérêt, avec en ligne de mire des taux monétaires positifs d’ici la fin de l’été. Les marchés obligataires européens – et en particulier la partie courte de la courbe des taux – demeurent donc vulnérables.
Au total, la stabilisation de la tech et du marché obligataire US, ainsi que le positionnement devenu trop pessimiste des investisseurs, permettent au marché des actions de respirer un peu. Au cours des deux dernières semaines nous avons racheté les couvertures mises en place précédemment dans nos portefeuilles flexibles. Nous avons encore réduit notre exposition au dollar contre euro face au durcissement du message de la BCE. Nous restons pour l’instant en dehors des marchés obligataires, considérant que leur attractivité reste limitée par le bas niveau des anticipations d’inflation, la faiblesse des taux réels et la poursuite du resserrement monétaire. L’exposition aux actions internationales, enfin, restent bien diversifiée géographiquement. Cette diversification nous semble particulièrement pertinente dans un monde qui aura rarement connu des évolutions aussi contrastées et changeantes d’une région à l’autre.
MICRO CORNER
Neutralité carbone : les 3 principaux défis du secteur des transports
L’Europe vise la neutralité carbone en 2050. Pour atteindre cet objectif, les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports doivent être réduites de 90% par rapport à leur niveau en 1990. Electrification du parc automobile, essor de l’hydrogène, efficacité énergétique des modes de transport… Les solutions existent et présentent des opportunités pour investir. Analyse de Laurent Trulès, coordinateur de l'investissement responsable pour Dorval Asset Management, co-gérant du fonds Dorval European Climate Initiative.
Le secteur des transports en Europe doit réduire ses émissions de CO2 de 90% d’ici à 2050 pour contribuer à l’atteinte de la neutralité carbone
Pour tenir les objectifs de l’Accord de Paris, la neutralité carbone doit être atteinte au niveau mondial d’ici à 2050. L’Europe entend remplir cet objectif préconisé par le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat) dès 2050 et devenir ainsi le premier continent à viser un équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre, générées par l’activité humaine, et l’absorption de ces mêmes gaz par des réservoirs naturels ou artificiels de carbone.
De fait, cette ambition passe par la réduction du bilan carbone des transports européens : pour atteindre la neutralité carbone dans moins de 30 ans, les émissions du secteur doivent être réduites de 90% par rapport à leur niveau en 1990 (année de référence internationale pour mesurer la réduction des gaz à effets de serre, retenue par la Convention de Rio en 1992).
En France, les transports sont le seul secteur économique qui n’a pas encore réduit ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau en 1990. Autrement dit, tout reste à faire. Mais les solutions existent pour répondre aux 3 principaux défis de la transition environnementale de nos transports.
Défi n°1 : Décarboner les transports avec l’électrification des véhicules et l’hydrogène
Le premier défi que doit relever le secteur des transports pour opérer sa transition écologique est de réussir à substituer sa dépendance aux énergies fossiles par l’électrification du parc ou le recours à des carburants plus respectueux de l’environnement. Plusieurs solutions sont à l’œuvre, à commencer par la démocratisation des véhicules électriques. Bien sûr, l’électrification de l’ensemble du parc automobile prendra du temps. L’Union européenne entend interdire la vente de véhicules thermiques d’ici à 2035, mais il faudra au moins une décennie de plus pour ne plus croiser de motorisation à essence ou diesel sur les routes (par exemple, en France, l’âge moyen du parc automobile est actuellement de 11 ans). Les ménages les plus modestes sont ceux qui retardent le plus le renouvellement de leurs véhicules, qui sont de fait les plus polluants. Pour répondre à cet enjeu, plusieurs Etats européens mettent en place dès à présent des aides publiques pour la conversion au véhicule électrique.
Ainsi, en France, les particuliers qui achètent un véhicule électrique bénéficient d’une prime maximum de 6.000 euros versée par l’Etat. L’Allemagne a également mis en place des incitations à la production et à l’achat de véhicules électriques. Ces mesures politiques soutiennent les ventes de véhicules électriques, qui doublent chaque année depuis 2020 et qui représentent déjà 10% des ventes des constructeurs automobiles. Ainsi, en 2021 près de 1,2 million de véhicules électriques supplémentaires ont rejoint le parc automobile européen, qui devrait en compter 30 millions en 2030.
Défi n°2 : Rechargement, recyclage des batteries… Les infrastructures et les filières industrielles doivent être développées
Les constructeurs automobiles ont amélioré l’autonomie des véhicules électriques, levant un premier frein à leur adoption par les particuliers. Par exemple, Tesla (le groupe de l’entrepreneur milliardaire Elon Musk) produit des véhicules capables de rouler plus de 500 kilomètres entre deux rechargements, et Mercedes a présenté en début d’année le prototype d’un véhicule électrique doté d’une autonomie de plus de 1.000 kilomètres et entend viser un déploiement industriel à partir de 2024 sur ses chaines de production.
Mais il reste à étendre le réseau des bornes de rechargement sur le territoire pour lever les inquiétudes des automobilistes. Les Etats européens en ont conscience, et prévoient la mise en place de 1 million de bornes publiques en 2025 (il en existe 220.000 en 2020). Ce chiffre devrait même dépasser les 16 millions d’ici 2050, en cohérence avec les objectifs européens définis par le plan européen « Fit For 55 ». De même, la filière du recyclage devra gagner en capacité pour réussir à gérer les batteries obsolètes.
Défi n°3 : Avion à hydrogène, fret fluvial, transport multimodal… L’efficacité énergétique est un critère de choix du mode de transport
Au-delà des véhicules individuels, la transition environnementale des transports pose également la question de la logistique. Actuellement, les poids lourds génèrent un quart (24%) des émissions de CO2 émises par le secteur des transports. En effet, 99% de ces véhicules ont une motorisation diesel. La commercialisation de camions et de poids lourds électriques ou à hydrogène ouvre la voie au changement, mêmes si ces modèles restent à ce stade encore plus chers que leurs comparables thermiques.
L’hydrogène peut également permettre à l’aviation de réduire considérablement son empreinte carbone. Le trafic aérien a explosé au cours des dernières décennies, avec la massification du tourisme, et cette tendance ne semble pas vouloir s’interrompre au fil des années. Les constructeurs aéronautiques travaillent à mettre au point des avions capables de voler sans carburant issu des énergies fossiles. Ainsi, si Airbus considère l’hydrogène comme le meilleur candidat pour décarboner l’avion de demain et travaille sur différents prototypes, la commercialisation d’un avion à hydrogène ne devrait pas arriver d’ici 2035. Dès lors, les compagnies aériennes, à l’instar d’Air France expérimentent des vols long-courriers en utilisant des biocarburants pour substituer tout ou partie du kérosène.
Enfin, la transition environnementale des transports passe par une plus grande planification et un meilleur maillage territorial des modes de transports moins carbonés. Cela permettrait aux différents acteurs d’améliorer l’intensité carbone du transport de personnes et de marchandises à travers les territoires. Choisir un mode de transport en fonction de son empreinte carbone entre dans les habitudes : mobilités douces pour la logistique du dernier kilomètre (essor des vélos cargos) et le fret routier combiné au ferroviaire ou aux dessertes fluviales sont des usages en plein essor. Et autant d’opportunités d’investissement pour les épargnants qui souhaitent faire fructifier leur épargne tout en agissant en faveur du climat.
Les exemples cités reposent sur la base d’analyses propres à Dorval AM en date du 20/05/2022. Ils ne constituent pas un engagement ou une garantie. Cette dernière se réserve la possibilité de faire évoluer ses analyses.
Le fonds Dorval European Climate Initiative est exposé aux risques spécifiques suivants : risque actions, risque de change, risque de taux, risque de crédit, risque lié à l’utilisation des instruments dérivés financiers et risque de durabilité. Le capital investi n'est pas garanti.
CORPO CORNER
Retour sur la deuxième épreuve de coupe du monde 2022, qui a eu lieu à Fort William et qui n’a pas déçue ! La piste emblématique de VTT DH a offert au Team Dorval AM une journée incroyable de course de DH dans les montagnes.
Toute l'équipe était excitée et prête pour cette piste mythique. C'était la première fois ici pour notre junior Alix Francoz et il a dû le vivre à la dure. La légendaire météo écossaise était de la partie aussi entre vents violents, pluies intenses et quelques rayons de soleil. Les fans étaient tous là également.
Le VTT descente (DownHill) est une discipline dont le but est de descendre des pistes dans un laps de temps le plus court possible où le champion doit faire preuve d'engagement, d’agilité et doit posséder un sens aiguis é du pilotage pour affronter les différents obstacles naturels rencontrés lors d'une descente.
Portés par nos valeurs communes d’engagement, de vision, d’agilité et de lucidité, le Team Dorval AM s’est hissé au plus haut niveau dans cette discipline depuis 9 années.
- Dans la catégorie féminine, Camille Balanche a fini à la 2e place et conserve son maillot de leader au classement général ;
- Monika Hrastnik s'est débarrassée de ses vieux démons sur cette piste et sécurise la 11e place au classement général :
- Chez les hommes, Benoit Coulanges a maintenu sa 4e place, comme à Lourdes et prend ainsi la 3e place du classement général. Benoit est un homme à surveiller cette année et sa première victoire en coupe du monde pourrait bien être au rendez-vous s’il maintient ce rythme et cette régularité ;
- Baptiste Pierron a pris la 11e place de la course, 16e au classement général. Malgré son énorme chute de l'an dernier lors de son run, Baptiste a réussi à lâcher les freins et à retrouver vitesse et confiance ;
- lix Francoz se classe à la 30e place au classement général.
Félicitations à toute l'équipe pour cette seconde épreuve !
Rendez-vous le 11 juin à Leogang en Autriche pour la troisième étape de ce championnat du monde.
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