Taux d'exposition Gamme Dorval Asset Management – 31 mai 2019

En menaçant de mettre en place des droits de douane de 25% (5% dans un premier temps) sur les 350 milliards d‘importations en provenance du Mexique, Donald Trump prétend obliger le Mexique à lutter contre l’émigration illégale vers les Etats-Unis. 

Déjà appliquée à la Chine, cette militarisation de la politique commerciale est d’une efficacité douteuse. Et surtout, elle fragilise l’économie américaine et mondiale.
 

Les optimistes argueront que c’est d’ailleurs pour cette raison que Donald Trump va finir par calmer le jeu, afin d’éviter une possible récession qui le mènerait droit à sa perte aux élections de l’année prochaine. Dans le jargon des marchés, on appelle cela le « Trump put ». Mike Pence, son vice-président, a d’ailleurs déclaré qu’il considérait un accord avec la Chine encore possible, et qu’un sommet entre Donald Trump et Xi Jinping était toujours prévu lors du sommet du G20 à Osaka (28 et 29 juin). Mais qui va vouloir signer quoique ce soit avec un président aussi imprévisible ? De plus, Donald Trump voudra peut-être entretenir une pression maximale, et compter sur la Réserve Fédérale américaine pour maintenir l’économie à flots. A ce stade, nous nous garderons de privilégier un scénario.
 

L’assouplissement de la politique monétaire américaine est en tout cas déjà dans les prix des marchés, les opérateurs anticipant deux à trois baisses des taux d’ici mi-2020 (voir graphique 1). Après la baisse des PMI en avril et mai, et l’escalade commerciale étendue au Mexique, la probabilité d’un assouplissement monétaire devient supérieure à 50%. Sauf surprise, la Réserve Fédérale signalera officiellement son changement d’attitude – au moins verbalement – lors de la réunion des 18 et 19 juin prochain. A 2.15%, les taux à 10 ans ont déjà beaucoup baissé, mais ils restent supérieurs aux 1.5% atteints à l’été 2016, niveau qu’ils pourraient rejoindre si le contexte macro-politique continue de s’envenimer.
 

Avec un nouveau choc potentiel pour « Corporate America », très investi dans le « hub » américano-mexicain, des probabilités de récession qui restent modestes mais qui augmentent, et une imprévisibilité politique très perturbante, les bourses mondiales vont avoir du mal à tenir sans nouvelles rassurantes. Le MSCI monde a pour l’instant perdu un modeste 6% par rapport au plus haut, et a rejoint sa moyenne mobile à 200 jours (voir graphique 2). Nous verrons dans les prochains jours si les investisseurs capitulent, ou s’ils parient sur l’efficacité des stabilisateurs automatiques à l’œuvre en ce moment, dont la relance chinoise, le repli des prix du pétrole et la baisse des taux d’intérêt. Dans nos portefeuilles, en tous cas, nous continuons à jouer la prudence.

 

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