Taux d'exposition Gamme Dorval Asset Management – 24 mai 2019

Un choc conjoncturel américain est-il en gestation ? C’est la question que pose le mauvais résultat des enquêtes Markit auprès des entreprises US au mois de mai (cf. graphique 1). 

C’est difficile à croire, tant les fondamentaux américains semblent bons. Ces chiffres augmentent cependant la probabilité qu’une baisse de taux de la Fed devienne nécessaire pour assurer l’atterrissage en douceur de la première économie mondiale.

Les enquêtes Markit auprès des entreprises ne sont qu’une indication parmi d’autres de l’état de l’économie, et une indication souvent peu précise. On notera d’ailleurs que des enquêtes menées au même moment dans les régions de Philadelphie et de New-York, publiées la semaine dernière, pointaient plutôt vers une amélioration dans l’industrie. Rien n’est clair, donc, mais la relance de la guerre commerciale, avec les risques modérés mais pas totalement négligeables qu’elle fait peser sur le consommateur américain, ne fait qu’ajouter au doute. Ce doute est aussi alimenté par l’affadissement progressif du stimulus budgétaire aux Etats-Unis prévu au deuxième semestre. A moins qu’un accord surprise avec la Chine n’intervienne, une politique d’assurance de la Réserve Fédérale, sous forme d’une ou de plusieurs baisses des taux, devient donc plus probable. Les marchés obligataires ont déjà commencé à l’anticiper.

 

Sur le marché obligataire américain, justement, des craintes d’une possible contre-attaque chinoise déstabilisante ont récemment refait surface. Cette menace est cependant peu crédible. La Chine détient certes 1.200 milliards de dollars de bons du Trésor US, soit 7% du stock, mais vendre massivement ces avoirs n’aurait aucun sens, ni aucune efficacité. Une telle attaque déstabiliserait peut-être à très court terme l’économie mondiale, ce que la Chine ne veut d’ailleurs pas, mais elle serait très facile et très rapide à absorber par la Réserve Fédérale, qui peut racheter tout ce qu’elle veut (cf. graphique 2). Ce type de stratégie pleine de bruit et de fureur, et perdante à coup sûr, a peu de chance de retenir l’attention des autorités chinoises.

Plus que l’interdépendance financière, c’est l’interdépendance économique qui limitera l’ampleur de la guerre commerciale de Donald Trump. On voit cela à l’œuvre dans la technologie, que l’administration américaine vise particulièrement, dans le sens très large défini par la loi « Export Control Reform Act » signée par Trump l’été dernier. Sevrer la Chine de la technologie américaine alors que cette même Chine détient une part considérable des gisements de terres rares nécessaires au secteur semble assez risqué. De plus, « Corporate America » compte sur l’énorme marché chinois pour assurer son développement actuel et futur. C’est un des paradoxes de cette guerre commerciale : alors que Donald Trump accuse la Chine d’avoir longtemps « profité des Etats-Unis », l’inverse est aujourd’hui tout aussi vrai.

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