Lettre hebdomadaire Dorval AM - 6 Octobre

« Au service de l’épargnant, la gestion d’actifs est une matière riche au cœur de l’actualité économique »
Sophie Chauvellier
Recherche économique et allocation d’actifs. Gérante – Multi-Actifs International Flexible

La crise catalane fait partie de ces évènements qui interroge à nouveau les investisseurs sur l’influence du politique sur les marchés financiers. La loi générale est que les surprises politiques – bonnes ou mauvaises – n’ont qu’un impact limité ou très localisé sur le cycle économique. C’est ce que l’on a vu l’année dernière suite au vote Brexit. Il y a tout lieu de penser, à ce stade, que la crise catalane aura encore moins d’impact durable sur les marchés, pour au moins trois raisons.

 

Le rêve de nombreux catalans est celui d’une région ou d’une nation à la fois moins espagnole et plus européenne, ce qui est totalement contradictoire puisqu’une sécession de la Catalogne l’expulserait de l’Union Européenne et de la zone euro. Cette donne incontournable produit un équilibre qui rend le coût de la sortie hors de l’Espagne totalement inabordable. Certaines banques et sociétés ont d’ailleurs déjà annoncé qu’elles déplaçaient leur siège social hors de Catalogne afin d’assurer leur pérennité financière.

 

La solidité et la profondeur de la reprise économique mondiale, européenne et espagnole sont une deuxième raison. La croissance mondiale devrait bientôt atteindre près de 4%. En Europe, la dynamique reste très positive, avec une croissance d’environ 2/2.25% cette année, près de deux fois supérieure à ce que les économistes envisageaient l’année dernière. En Espagne, le moteur fonctionne à plein régime avec une croissance supérieure à 3%, et un taux de chômage qui baisse de deux à trois points par an. De plus, la crise bancaire espagnole est désormais très loin derrière, comme en témoigne l’écroulement du nombre de créances douteuses. Enfin, La Catalogne représente 20% de l’économie espagnole. L’activité va sans doute y pâtir de la crise pour une période indéterminée, mais en partie au profit d’autres régions espagnoles.

Enfin, les marchés financiers sont d’autant moins vulnérables qu’ils ne sont pas devenus exagérément complaisants à l’égard de l’Europe du Sud. Malgré les achats massifs d’obligations par la Banque Centrale Européenne, la fin de la crise de l’euro, la reprise économique et le redressement des banques espagnoles, les investisseurs exigent toujours un rendement de 1.7% sur les obligations de l’Etat espagnol, contre 0.45% en Allemagne et 0.75% en France (voir graphique). Sur des marchés obligataires où les investisseurs recherchent désespérément du rendement, seule une aggravation et une extension hors de contrôle de la crise catalane pourraient les éloigner du marché de la dette ibérique.

 

Télécharger la lettre hebdomadaire en version PDF : Taux d'exposition Gamme Dorval Asset Management - 06 Octobre 2017

 

Laissez-nous vous offrir une découverte sur-mesure en nous donnant quelques précisions.

Choisissez votre profil