Taux d'exposition Gamme Dorval Asset Management – 4 septembre 2020

La forte correction du Nasdaq (-5% le 3 septembre) et la nette résurgence des cas de COVID-19 en Europe sont les deux marqueurs principaux de la rentrée économique et boursière.

Les risques d’éclatement d’une bulle sur certaines valeurs et la résilience du virus sont cependant contrebalancés par la poursuite de la reprise économique mondiale et par l’approfondissement des mesures de relance. Tous ces éléments plaident pour des portefeuilles actions bien diversifiés, avec un biais en faveur des secteurs les plus cycliques. 

 

Portée par des bons résultats au deuxième trimestre et par l’enthousiasme des petits porteurs, la hausse spectaculaire des cours de bourse des géants de la nouvelle économie a subi son premier trou d’air depuis début juin. C’est peut-être un simple accident de parcours pour le moment (qui sait ?), mais les signes de bulle spéculative sont présents, dont des valorisations qui extrapolent la forte croissance des résultats passés et la participation de nombreux investisseurs individuels (en particulier aux Etats-Unis). Ces dernières semaines, la dynamique de marché du Nasdaq avait atteint des sommets qui n’avaient été observés que deux fois dans l’histoire récente : à la sortie de la récession en « W » de 1980-82, et lors de la grande bulle de 1999-2000 (cf. graphique 1). Ces excès ont été particulièrement visibles sur le marché des options, dominés par quelques valeurs emblématiques pendant l’été.

 

 

Pour le moment, il est probable que la correction du Nasdaq soit interprétée par la majorité des investisseurs comme une purge salutaire. Certains y verront une occasion d’achat, et d’autres (dont nous faisons partie) une incitation à la diversification vers des valeurs et secteurs moins détenus, dont les secteurs les plus cycliques. Le contexte macroéconomique leur est en tout cas favorable.

 

Depuis le mois d’avril, en effet, les indicateurs économiques témoignent d’une reprise plus rapide et plus forte que ce que beaucoup de prévisionnistes craignaient. La Chine a rapidement retrouvé son dynamisme, avec un effet positif sur l’Asie en général. En Occident, les plans massifs de soutien aux revenus des ménages ont permis à la consommation de se redresser très nettement. Aux Etats-Unis, par exemple, la consommation totale (biens et services) ne perdait plus en juillet que 5% par rapport à son niveau de février (cf. graphique 2). Le taux d’épargne restant deux fois plus élevé que la normale, une poursuite de la reprise de la consommation semble très probable. Une prolongation des mesures de soutien est par ailleurs en cours de négociations au Congrès et devrait être ficelée d’ici la fin du mois de septembre.

 

 

La même logique se déroule en Europe. En Allemagne, les ventes au détail sont déjà supérieures à leur niveau d’avant crise. En France, la reprise est aussi très perceptible, même si elle est un peu moins forte qu’outre-Rhin. L’INSEE a calculé un taux d’épargne de près de 30% pour les ménages français au deuxième trimestre, soit plus de deux fois le taux normal. Le rattrapage de la consommation devrait donc se poursuivre, d’autant que des plans de relance continuent d’être annoncés.

 

De nombreux observateurs craignent cependant que la deuxième vague épidémique naissante en Europe ne vienne remettre en cause le rattrapage prévu. Ce risque existe mais, à l’aune de ce qui s’est passé aux Etats-Unis cet été, on peut se montrer raisonnablement optimiste. Le bilan de cette deuxième vague américaine (cf. graphique 3) est en effet rassurant. Si le nombre de nouveaux cas a explosé du fait des tests massifs, la mortalité a été très faible – du fait, entre autres, d’un âge moyen plus bas chez les nouveaux infectés. De plus, le niveau de disruption économique nécessaire à la maitrise de cette résurgence a été finalement modeste et temporaire. Le nombre de chômeurs indemnisés a certes arrêté de baisser, et la hausse de la consommation a été un peu moins forte, mais la reprise économique d’ensemble n’a pas été remise en question. Au mois d’août, les résultats des enquêtes auprès des entreprises (indices PMI de Markit et de l’ISM) se sont même vigoureusement redressés.

 

 

A moins que l’épidémie ne prenne un tournant inattendu, le stress test européen en cours a donc de bonnes chances de n’être qu’un épisode un peu désagréable mais temporaire. Nous pensons donc qu’il faut maintenir dans les portefeuilles un biais en faveur des secteurs et valeurs les plus sensibles au cycle économique mondial.

 

 

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