Lettre mensuelle - Septembre 2020

La nette résurgence des cas de COVID-19 en Europe interroge le scénario de reprise économique sur lequel sont construits nos portefeuilles.

MACRO CORNER
La reprise mondiale se confirme malgré la résilience du virus

 

 

La nette résurgence des cas de COVID-19 en Europe interroge le scénario de reprise économique sur lequel sont construits nos portefeuilles. Cependant, sur les bases de l’expérience américaine de deuxième vague épidémique cet été, et grâce aux mesures massives de relance, nous pensons que la logique de rattrapage du terrain perdu au printemps devrait se poursuivre. Seul le rythme de ce rattrapage devient incertain à court terme.

Depuis le mois d’avril, les indicateurs économiques témoignent d’une reprise plus rapide et plus forte que ce que beaucoup de prévisionnistes craignaient. La Chine a rapidement retrouvé son dynamisme, avec un effet positif sur l’Asie en général. En occident, les plans massifs de soutien aux revenus des ménages ont permis à la consommation de se redresser très nettement. Aux Etats-Unis, par exemple, la consommation totale (biens et services) ne perdait plus en juillet que 5% par rapport à son niveau de février (cf. graphique 1). Le taux d’épargne restant deux fois plus élevé que la normale, une poursuite de la reprise de la consommation semble très probable. Une prolongation des mesures de soutien est par ailleurs en cours de négociations au Congrès et devrait être ficelée d’ici la fin du mois de septembre.

La même logique se déroule en Europe. En Allemagne, les ventes aux détails sont déjà supérieures à leur niveau d’avant crise. En France, la reprise est aussi très perceptible, même si elle est un peu moins forte qu’outre-Rhin. L’INSEE a calculé un taux d’épargne de près 30% pour les ménages français au deuxième trimestre, soit plus de deux fois le taux normal. Le rattrapage de la consommation devrait donc se poursuivre, d’autant que des plans de relance continuent d’être annoncés.

De nombreux observateurs craignent cependant que la deuxième vague épidémique naissante vienne remettre en cause le rattrapage prévu. Ce risque existe mais, à l’aune de ce qui s’est passé aux Etats-Unis cet été, on peut se montrer raisonnablement optimiste. Le bilan de cette deuxième vague américaine (cf. graphique 2) est en effet rassurant. Si le nombre de nouveaux cas a explosé du fait des tests massifs, la mortalité a été très faible – du fait, entre autres, d’un âge moyen plus bas chez les nouveaux infectés. De plus, le niveau de disruption économique nécessaire à la maitrise de cette résurgence a été finalement modeste et temporaire. Le nombre de chômeurs indemnisés a arrêté de baisser, la hausse de la consommation a été un peu moins forte, mais la reprise économique d’ensemble n’a pas été remise en question. Au mois d’août, les résultats des enquêtes auprès des entreprises (indices PMI de Markit et de l’ISM) se sont même vigoureusement redressés.

 

A moins que l’épidémie prennent un tournant inattendu, le stress test européen en cours a ainsi de bonnes chances de n’être qu’un épisode un peu désagréable mais temporaire.

 

Nous pensons donc qu’il faut maintenir dans les portefeuilles un biais en faveur des secteurs et valeurs les plus sensibles au cycle économique mondial.

 

MICRO CORNER
Quelles thématiques jouer dans cet environnement post-crise sanitaire ?

Depuis leur point bas de la mi-mars, au moment du confinement de l’ensemble des grandes économies mondiales, les marchés européens ont rebondi dans leur ensemble de près de 40% (34% pour le Stoxx600 par exemple). Cette reprise a été portée dans un premier temps par les mesures d’aides et de relances des différents gouvernements, elle a ensuite été soutenue par l’action des banquiers centraux de toutes les zones.

Depuis fin juillet, une reprise de l’épidémie de Covid-19 a été perceptible dans quelques clusters de pays en Europe mais fort heureusement les décès et les mises en réanimation n’ont que peu remonté. Par ailleurs D. Trump, toujours en campagne électorale, maintient la pression sur la Chine. Il a publié deux décrets interdisant aux entreprises américaines toute transaction avec les groupes chinois ByteDance et Tencent, les marchés poursuivant leurs trajectoires haussières. Les espoirs portent autour des vaccins candidats, sur lesquels travaillent toutes les plus grandes sociétés pharmaceutiques au monde. Les premiers pourraient sortir avant la fin de l’année, quatre laboratoires faisant la course en tête au sein des pays occidentaux.

 

Du côté des analystes, l’optimisme revient également avec, pour la première fois depuis le début de la crise sanitaire, une revue en hausse des estimations de croissance des bénéfices par action (BPA) la semaine dernière. En effet, les BPA médians du Stoxx600 ont été revus en hausse de 0,4% sur la semaine se terminant le 28 août.

 

Nous sortons de la plus grave crise économique connue depuis la Seconde Guerre mondiale. Même si l’environnement reste très incertain, les conditions de financement et les plans de soutien devraient permettre une reprise graduelle des économies. Les marchés devraient peu à peu se «renormaliser» et les investisseurs reprendre des comportements moins extrêmes (cf. l’énorme surperformance du Nasdaq depuis le début de l’année par rapport aux autres grands indices mondiaux).

Dans ce contexte, les portefeuilles de Dorval AM retiennent trois thématiques majeures :

·     La digitalisation de l’économie : comme nous le constatons tous les jours, le digital prend de plus en plus de place dans notre quotidien, cette crise sanitaire venant accentuer cette tendance de fond, aussi bien dans les usages personnels que professionnels.

·     La capacité à traverser la crise : comme le mentionne l’ESMA, « l’impact sur les entreprises de l’Union européenne et la qualité de leur crédit, ainsi que sur les institutions de crédit, est une source particulière de préoccupation ». C’est pourquoi nous privilégions des sociétés avec des bilans solides et dont la situation actuelle impacte peu leur capacité à générer de la trésorerie. Ces entreprises  sortiront de cette crise plus forte pour continuer à investir ou pour saisir des opportunités.

·     La transition énergétique : la « vague verte » prend de plus en plus d’ampleur, que ce soit au travers des élections, des orientations budgétaires ou encore par la prise en compte des enjeux environnementaux dans les choix de valeurs des investisseurs. Nous considérons que cette tendance est juste, forte et durable et dépasse ainsi l’effet de mode.

 

CORPO CORNER
Notre philosophie : donner du sens à l’épargne à travers une politique d’investissement responsable – illustration avec notre politique d’engagement

 

A l’image des conséquences directes et indirectes de la crise du Covid-19 et au-delà même de la crise sanitaire, l’évolution de notre société bouleverse les certitudes du monde d’hier et nous renvoie face à notre avenir. L’industrie de la finance et celle de la gestion d’actifs en particulier, ont un rôle majeur pour dessiner et favoriser les contours de ce « monde d’après ».

Aussi, en tant qu’investisseur de long terme, nous sommes convaincus de la nécessité d’orienter l’épargne financière vers une économie plus responsable et durable. Une transition pour laquelle notre engagement collectif incite et influence les acteurs de l’économie réelle à adapter leurs pratiques environnementales, sociales et de gouvernance. Un statut d’investisseur responsable qui nous engage tant vis-à-vis de nos clients et partenaires qu’auprès des entreprises dans lesquelles nous prenons des participations.

Régulièrement, nous communiquerons sur notre approche et nos engagements, i.e. sur (i) notre politique d’engagement (développée ci-après), (ii) notre politique de vote, (iii) notre politique d’exclusion, (iv) notre politique de gestion des controverses et (v) sur l’intégration des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) au cœur même de l’ensemble de nos processus de gestion.

La politique d’engagement de Dorval Asset Management

La politique d’engagement de Dorval AM est la traduction des actions que nous nous engageons à mener pour obtenir une amélioration des pratiques des entreprises sur les dimensions E, S et G. En ce sens, la politique d’engagement énonce les principes que nous défendons et, pour les valeurs détenues en portefeuille, dont nous vérifions la mise en œuvre (ou la sincérité de l’intention de mise en œuvre) à travers notre politique de vote.

Nous considérons que le respect de ces principes est source de création de valeur à long terme et de minimisation de risques, tant pour l’entreprise elle-même que pour l’ensemble de son écosystème (clients, fournisseurs, salariés, actionnaires, pouvoir public, collectivités, etc.), au sens propre du développement durable.

La politique d’engagement de Dorval AM s’articule autour de deux axes principaux, l’engagement individuel et l’engagement collaboratif.

·     Un engagement individuel basé sur le dialogue avec les sociétés cotées et la responsabilité actionnariale

 

 

En cohérence avec le processus de gestion « Manageurs » qui a contribué à son succès, Dorval AM place la « Gouvernance » des entreprises comme pilier central de sa politique d’investisseur responsable : de la qualité de la gouvernance dépendent la durabilité des offres de produits et services, l’efficience de la stratégie et de son exécution tout comme la juste intégration de l’entreprise dans son écosystème.

Au nom des fonds qu’elle gère (actionnaires de l’entreprise considérée) et en tant que responsable vis-à-vis des porteurs de parts de ces fonds, Dorval AM positionne ainsi le dialogue avec les instances dirigeantes de l’entreprise comme point de départ de sa politique d’engagement individuel.

En parallèle du dialogue régulier avec les entreprises, Dorval AM assume son rôle d’actionnaire pour soutenir (resp. s’opposer) aux résolutions en ligne (resp. en contradiction) avec ses politiques d’engagement et de vote. En toute logique, l’implication est plus intense pour les valeurs dont Dorval AM détient plus de 3% du capital. Enfin, Dorval AM s’engage à réaliser un suivi des décisions prises / votées pour en mesurer la réalité et les avancées.

·     Dorval Asset Management s’engage parallèlement en collaborant avec les acteurs majeurs des Places françaises et internationales et milite ainsi en faveur d’une finance durable

Dorval AM s’est engagée activement dans la voie de l’investissement responsable en devenant signataire des UN PRI (« Principes pour l'Investissement Responsable des Nations Unies ») en 2019. La même année, la société de gestion est devenue signataire du Montréal Carbon Pledge et du CDP et s’engage à communiquer l’empreinte carbone des portefeuilles qu’elle gère, sur une base annuelle.

 

 

Notre entreprise est également signataire, membre ou affiliée de divers initiatives, comités et réseaux liés à l’investissement responsable notamment sur les thématiques du changement climatique et de la gouvernance.

Sur le registre du changement climatique, grâce à sa participation dans le CDP (anciennement Carbon Disclosure Project), Dorval AM a accès à une base de données environnementales sur le changement climatique, l’eau ou la déforestation et appelle chaque année, au côté d’un des plus grands groupements d’investisseurs institutionnels, les entreprises les plus polluantes au monde à révéler leurs données environnementales.

Dorval AM contribue au TCFD (Task force on Climate related Financial Disclosures). La TCFD développe des reportings de risques liés au changement climatique pour les entreprises afin de faciliter leur communication auprès des investisseurs, assureurs, etc.

Notre société de gestion est également membre de l’IIGCC (« The Institutional Investors Group on Climate Change »). L’IIGC vise à promouvoir des thèmes et réflexions tels que l’intégration du changement climatique dans les stratégies des entreprises, l’identification des enjeux liés au changement climatique ou encore établir un guide de communication de reportings selon les critères de la TCFD.

A travers l’initiative Climate Action 100, Dorval AM prolonge son engagement sur le thème du changement climatique en totale cohérence avec les PRI, le TCFD et l’IIGC, et milite auprès des 100 entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre afin qu’elles améliorent leur politique de gouvernance sur le changement climatique, qu’elles réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre et renforcent leur communication financière liée au climat.

Sur le thème de la gouvernance, en devenant membre de l’ICGN (« Institutional Corporate Governance Network ») – qui a pour mission d’améliorer les standards de la gouvernance d’entreprise au niveau mondial–, Dorval AM contribue à favoriser le respect des critères de gouvernance notamment dans l’intérêt des actionnaires minoritaires.

Enfin, au niveau national, Dorval AM participe aux plénières pour l’Investissement Responsable de l’AFG (Association Française de Gestion). Ces instances ont vocation à diffuser de l’information concernant les différents thèmes de risques extra-financiers auxquels sont soumis les entreprises ou encore d’échanger entre professionnels, sur les changements réglementaires ou les nouvelles pratiques ESG dans le cadre de la promotion de l’Investissement Responsable en France.

Dorval Asset Management affiche de la sorte une réelle détermination dans sa stratégie d’investisseur responsable et utilisera tous les moyens nécessaires pour engager encore plus loin ses actions et le dialogue auprès des entreprises dans lesquelles nous investissons.

 

 

Télécharger la lettre mensuelle en version PDF : La lettre mensuelle - Septembre 2020

Laissez-nous vous offrir une découverte sur-mesure en nous donnant quelques précisions.

Choisissez votre profil