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Lettre mensuelle - Septembre 2025

MACRO CORNER

L’Europe au cœur du rééquilibrage financier mondial

  • extrait du communiqué de presse du 9 septembre 2025

Malgré un contexte géopolitique anxiogène, les bourses mondiales sont demeurées soutenues par la résilience de la croissance mondiale, la baisse des taux monétaires, le boom de l’investissement en intelligence artificielle (IA) et la performance du secteur financier européen.
Aux feux allumés par Donald Trump ont répondu des contrefeux stabilisateurs, à l’image de l’ambitieux plan budgétaire allemand. Pourtant, malgré cette impulsion salutaire, les doutes persistent sur l’Europe : déficit d’influence internationale, panne du projet d’intégration, divisions internes, faible croissance, retard technologique… Autant de défis qui obscurcissent son horizon.

Mais une dynamique discrète, bien que puissante, s’est mise en marche. Elle pourrait permettre à l’Europe de retrouver une place centrale dans le débat économique et financier mondial. Longtemps critiquée et fragilisée, sa monnaie unique – l’euro, deuxième monnaie de réserve après le dollar – a regagné en cohérence et donc en crédibilité. La faible dispersion des taux à long terme dans la zone euro, malgré la crise politique en France, en témoigne de manière frappante. Dans un contexte où l’hégémonie du dollar est de plus en plus contestée, c’est grâce à sa monnaie attractive que l’Europe capte désormais une part croissante des flux d’investisseurs et d’émetteurs internationaux en quête de diversification et de stabilité.

**L’enjeu est de taille : **l’Europe occupe toujours la deuxième place sur le marché international des capitaux, loin devant ses concurrents, Chine comprise. Combiné à d’autres facteurs historiques et économiques, analysés ci-dessous, cet afflux de liquidités internationales nourrit l’émergence d’un nouveau cycle financier.

Si cette dynamique se confirme, malgré les obstacles persistants – dont le risque politique français –, il est clair qu’elle soutiendra à la fois les perspectives de croissance et les perspectives boursières sur le continent.

Une croissance mondiale résiliente et mieux répartie

La guerre commerciale de Donald Trump réduit la croissance 2025 du fait de la perte de pouvoir d’achat des ménages aux Etats-Unis. Mais au niveau mondial, le faible niveau des représailles a fortement limité le choc des droits de douane américains, les importations de biens concernés par la guerre commerciale représentant moins de 2% du PIB mondial. Les contrefeux mis en place en Europe, plan allemand – baisse des taux – et en Chine – qui s’engage sur une croissance de 5% cette année –, permettent à la croissance mondiale de tenir aux alentours de 3% sur la période 2025-2026. Après deux années où la croissance économique était concentrée aux Etats-Unis, celle-ci devient mieux répartie.

Quant aux Etats-Unis eux-mêmes, ils ont voté une baisse des impôts et des mesures de dérégulation (finance, énergie), et surfent sur le boom de l’IA. Malgré le surcroît d’inflation – modeste à ce stade –, la Réserve fédérale a rétabli cet été son biais baissier sur ses taux d’intérêt afin de se prémunir contre le risque d’une détérioration excessive du marché du travail. La probabilité d’une récession américaine demeure donc faible.

Europe : des perspectives plus positives accentuées par le nouveau cycle financier

En Europe, le plan d’infrastructure allemand, la remontée du pouvoir d’achat, l’abondance de l’épargne des ménages et le bas niveau des taux monétaires – nuls après inflation – nourrissent des perspectives positives. Ces facteurs sont susceptibles de compenser la baisse des exportations vers les Etats-Unis et les risques liés à la situation en France.

Après +0,6% en 2023 et +0,9% en 2024, l’économie de la zone euro devrait rejoindre progressivement son potentiel de croissance – estimé à +1,25% - d’ici le printemps 2026. Ces attentes pourraient être dépassées si, comme il est permis de le penser, un cycle financier européen porteur s’affirme au cours des prochains trimestres.

A la crise de l’euro a en effet succédé une décennie de consolidation qui porte aujourd’hui ses fruits. Les banques sont à la fois rentables et solvables, et se font à nouveau confiance partout dans la zone euro, les pays du Sud de l’Europe se portent mieux, la gouvernance de l’euro par la Banque centrale européenne (BCE) s’est nettement améliorée, et les menaces politiques contre la monnaie unique se sont tues.
L’image de la zone euro sort aussi renforcée de sa résilience face aux chocs : Covid-19, Ukraine, inflation, fin du QE , etc. Le faible niveau de stress provoqué par les déboires de la France, deuxième économie de la zone euro, est à cet égard très parlant : hors France, les différentiels de taux longs avec l’Allemagne sont en moyenne au plus bas depuis 2008.

L’absence de budget commun reste un handicap, mais le plan « NextGenerationEU » favorise la convergence économique, et l’Allemagne fait preuve d’une évolution idéologique majeure sur son budget. A cette dynamique s’ajoute le réveil d’un narratif d’intégration européenne porté par le rapport Draghi (dont une union des marchés de capitaux).

Enfin, les attaques de Donald Trump sur le commerce mondial et sur la Fed stimulent une quête de diversification au-delà du dollar dont l’euro bénéficie. L’euro compte déjà pour 20% des réserves mondiales de change, loin derrière le dollar (58%), mais loin devant les autres devises. Depuis le début de l’année, on observe une forte hausse des flux des acteurs non-européens sur les marchés financiers en euro, à la fois pour investir et pour se financer.

S’il se confirme, ce cycle d’« Euro-liquidités » devrait contribuer au financement de l’économie et donc pourrait soutenir la croissance en Europe. Des défis subsistent – instabilité politique en France, montée de l’AfD en Allemagne, pause dans la baisse des taux de la BCE – mais la dynamique financière européenne semble assez robuste.

Un contexte favorable aux actions, mais attention aux taux longs et aux valorisations

Après un gros trou d’air au printemps, l’appétit pour le risque s’est nettement redressé sur les marchés financiers grâce à la résilience de la croissance mondiale, à la poursuite du boom de l’IA et au nouveau cycle de liquidités en Europe. Avec des primes de risques de crédit très basses sur les marchés obligataires mondiaux et des valorisations boursières tendues aux Etats-Unis, le potentiel apparait forcément moins important.

En comparaison à Wall Street, l’optimisme financier européen est beaucoup plus récent, en tout cas sur les actions. Les valorisations restent en moyenne un peu inférieures à 15 fois les bénéfices en Europe, contre près de 20 fois aux Etats-Unis, et le rendement des dividendes (3,5%) est toujours confortable. Avec une devise toujours sous-évaluée, les marchés européens des actions pourraient constituer une proposition attractive pour les épargnants mondiaux.

Parmi les scénarios de risques, c’est celui d’une pression à la hausse des taux à long terme qui domine aujourd’hui. Les attaques contre la Fed et le déficit budgétaire structurel américain record inquiètent, de même que le niveau élevé des dettes publiques en général. Le bas niveau du chômage et la hausse des investissements (défense, IA, transition énergétique) rendent moins probable une inflation très basse, et exercent une pression haussière sur les taux réels. Ce risque est cependant atténué par une valorisation désormais attractive : les taux réels américains à 30 ans sont supérieurs à 2,5%, au plus haut depuis plus de 20 ans..

Lire la suite du communiqué de presse ->

MICRO CORNER

Visite de site au sein d’une plateforme industrielle de recyclage sur le thème de l’économie circulaire et de la réindustrialisation

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l’occasion de l’inauguration à Bonneuil-sur-Marne d’une nouvelle plateforme de recyclage de déchets d’équipements électriques et électroniques organisée le 17 septembre, Laurent Trulès, gérant-analyste chez Dorval Asset Management, a pu échanger avec Derichebourg et des experts au plus proche du terrain sur les problématiques françaises et européennes de la valorisation des métaux. L’occasion de challenger le dynamisme de l’éco-activité ‘’Economie Circulaire‘’ dans laquelle le fonds Dorval European Climate Initiative est investi.

Derichebourg, un champion français et européen au service de l’économie circulaire…

Avec un chiffre d’affaires de plus de 3,5 milliards d’euros et une présence dans 13 pays répartie sur 290 sites, Derichebourg est un acteur majeur du recyclage et de la valorisation des déchets en Europe. Chaque année, le groupe traite plusieurs millions de tonnes de déchets métalliques et industriels, contribuant à préserver les ressources naturelles. En 2024, ce sont ainsi près de 4,4 millions de tonnes de métaux ferreux et 700 000 tonnes de métaux non ferreux qui ont été recyclés via la valorisation entre autres de 640 000 véhicules hors d’usage, 370 000 tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques. Grâce à ces activités, le groupe a permis** d’éviter l’émission** d’environ 7,6 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère soit l’équivalent des émissions de CO2 de près de 945 000 européens. Derichebourg joue ainsi un rôle clé dans la transition vers une industrie plus durable. L’entreprise s’inscrit pleinement dans une logique d’économie circulaire, en réintroduisant les matériaux recyclés dans les chaines de production.** L'économie circulaire** vise à optimiser l'utilisation des ressources et à réduire les déchets en favorisant des pratiques telles que le réemploi, la réparation et le recyclage. Cette définition de l’économie circulaire vient remettre en question le modèle traditionnel basé sur l’économie linéaire « extraire, produire, consommer, jeter ». On parle régulièrement de « boucler » ou de « fermer la boucle » de l’économie circulaire.

…illustré par une plateforme de recyclage innovante et par la mobilisation d’acteurs de plus en plus nombreux et engagés sur l’économie circulaire

L’inauguration de cette nouvelle plateforme de recyclage des déchets électriques et électroniques à Bonneuil-sur-Marne reflète la capacité des acteurs publics et privés à se mobiliser pour répondre aux enjeux de souveraineté, de réindustrialisation, d’emploi et d’écologie auxquels notre société européenne est confrontée. Au-delà des 25 millions d’euros d’investissement consacrés par Derichebourg dans la réalisation de ce site industriel sur une enveloppe de dépenses d’investissement de près de 200 millions d’euros par an, il faut y voir la mobilisation d’acteurs de l’économie circulaire comme les éco-organismes (Ecologic, Ecosystem) chargés de récolter les éco-contributions des producteurs et d’utiliser ces fonds pour contractualiser avec des prestataires comme Derichebourg qui assurent la collecte et le traitement des déchets. Le soutien public joue également un rôle clé – le projet s’inscrivant dans le cadre de France Relance – en concertation avec la municipalité de Bonneuil-sur-Marne, le département, la région Ile-de-France ou encore l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (ADEME). Fruit d’un appel à projets lancé en 2022, cette nouvelle plateforme de recyclage de déchets d'équipements électriques et électroniques est dotée des dernières technologies de tri et de valorisation et de deux lignes, l’une dédiée aux réfrigérateurs et l’autre dédiée au traitement des ballons d’eau chaude. Chacune d’entre elle ayant une capacité de 15 000 tonnes traités par an. Cette ligne dédiée au traitement des ballons d’eau chaude peut paraitre anecdotique, pourtant** elle constitue une première mondiale ! **La création d’une filière nationale pour les ballons d’eau chaude a pour objectif de capter 400 000 tonnes d’équivalent CO2 chaque année grâce à la dépollution de ces équipements. Omniprésents dans les logements français - près de 16 millions d'appareils installés -, les ballons d'eau chaude contiennent des gaz fluorés nocifs pour la couche d'ozone. Le recyclage des ballons d'eau chaude dans des unités dédiées va permettre d'éviter l'émission de 2,3 tonnes de CO2 par tonne de ballons usagés traitée.

**Le choix de la localisation **n’a pas non plus été laissé au hasard. La plateforme de Bonneuil-sur-Marne ayant été conçue pour être multimodale avec un quai de chargement fluvio-maritime et la proximité avec le port autonome de la ville, ce qui permet à Derichebourg de s'engager davantage dans le transport alternatif et moins polluant en évitant l’usage de près de 800 camions. Près d’un tiers des tonnages de matières recyclés de Derichebourg est transporté par voie ferroviaire, fluviale ou maritime. Le site permet l’emploi de 35 personnes du territoire et est doté de près de 2 500 panneaux solaires sur les toits, de quoi couvrir 40 % des besoins du lieu. La plateforme de Bonneuil-sur-Marne est l'une des quatre nouvelles unités françaises du Groupe Derichebourg appelées à structurer cette filière nationale. Trois autres plateformes Derichebourg Environnement ouvriront leurs portes en 2026, dans les régions Auvergne Rhône-Alpes, Pays de la Loire et Grand-Est.

Cette visite de site nous aura également permis de mettre en lumière** la forte capacité de Derichebourg à valoriser ces déchets en ressources bien au-delà des exigences réglementaires.** A titre d’illustration, un réfrigérateur peut être valorisé à 97 % (objectif réglementaire : 95 %), un lave-linge ou un four peut être valorisé à 90 % (objectif réglementaire : 88 %), un aspirateur ou une cafetière peut être valorisé à 87 % (objectif réglementaire : 85 %) alors même que Derichebourg valorise un ballon d’eau chaude à 90 %. Cette forte capacité à valoriser ces ressources sera déterminante dans notre capacité collective à transformer ces déchets en « mine urbaine » ** à même de satisfaire nos ambitions de souveraineté, de réindustrialisation, d’emploi et d’écologie. C’était également l’occasion pour les acteurs présents ce jour-là d’insister sur le mariage heureux qui existe entre économie et écologie ; ** vision que nous partageons et défendons quotidiennement au travers du fonds Dorval European Climate Initiative et de l’importance mise sur l’analyse fondamentale des solutions climatiques et des entreprises qui les portent. Enfin, les perspectives sont également porteuses sur d’autres marchés puisque Derichebourg et LG Energy Solution, entreprise coréeenne et leader mondial des batteries électriques ont annoncé leur volonté de créer une coentreprise de recyclage de batteries dans l’objectif d’avoir une chaine complète de recyclage des batteries des véhicules électriques d’ici 5 à 10 ans. Cette usine qui sera située à Bruyère-sur Oise dans le Val-d’Oise devrait être mise en service en 2027 avec une capacité de recyclage de 20 000 tonnes par an afin de **renforcer la souveraineté industrielle sur des matières premières critiques. **

CORPO CORNER

Exposition et thématiques des fonds de stock picking Dorval AM

  • extrait du communiqué de presse du 9 septembre 2025

Les convictions d’investissement de Dorval AM s’articulent autour d’un noyau de thématiques de croissance structurelles, complété par une poche conjoncturelle plus opportuniste. Sur le plan structurel, l’intelligence artificielle reste incontournable. Même si l’Europe ne dispose pas du même vivier de sociétés qu’aux États-Unis, les opportunités existent dans des secteurs dérivés comme l’électrification - liée aux data centers (avec Prysmian, Schneider et Terna) -, sur certaines sociétés qualifiées à tort d’être les perdants de l’IA tels que les éditeurs de logiciels (SAP) ou encore les éditeurs professionnels (RELX), où les craintes paraissent largement excessives. Les gérants privilégient également les champions de l’innovation comme Novonesis, leader mondial des biosolutions grâce à sa bibliothèque unique d’enzymes et de microbes, et EssilorLuxottica, qui combine un modèle vertical intégré et une forte capacité d’innovation, notamment dans les lunettes connectées. La transition énergétique constitue un autre axe majeur, portée par la thématique de l’économie circulaire qui revient sur le devant de la scène avec les droits de douane, et des changements de schéma de consommation, illustrée par des sociétés comme Auto1 ou Elis. Enfin, ils mettent en avant les champions du build-up et de la consolidation (Assa Abloy, Addtech), capables de conjuguer croissance organique et externe dans un contexte d’assouplissement des conditions financières.

Sur la partie conjoncturelle, l’équipe de gestion reste positive sur le secteur financier : les banques européennes demeurent attractives selon Dorval AM avec des valorisations basses, des bilans solides et un rendement global proche de 8%, portées par la pentification de la courbe des taux et l’absence d’alternatives boursières crédibles. Elle est cependant plus sélective avec la très forte progression des titres YTD. Par ailleurs, le luxe semble avoir bénéficié cet été à la fois d’un consommateur américain résilient et d’un redressement progressif en Chine, favorable aux ménages les plus aisés, avec des opportunités chez Richemont et Kering. Le secteur pharmaceutique conserve un profil de croissance, en dépit de l’attentisme réglementaire, avec un pipeline clinique 2025 particulièrement riche. Les gérants sont positionnés sur AstraZeneca et Novo Nordisk. Enfin, la construction montre des signes de reprise, portée par l’amélioration des indicateurs avancés tels que les mises en chantier et les PMI. Saint-Gobain et Kingspan paraissent intéressantes.

Retrouvez le communiqué de presse ->

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