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Le scénario idéal pour 2024-27 novembre 2023

Pour les marchés, le scénario économique idéal de 2024 serait celui d’un atterrissage pas trop brutal de l’économie US, et d’une reprise progressive en Europe. Est-ce un scénario crédible ?
Les statistiques d’activités économiques les plus récentes continuent de refléter une dynamique positive pour l’économie américaine et une activité stagnante en Europe. Les chiffres américains surprennent cependant de moins en moins à la hausse, et ceux de l’Europe de moins en moins à la baisse (graphique 1). A court terme, ces évolutions « à la marge » sont favorables aux marchés financiers, les investisseurs ayant passé l’été à s’inquiéter toujours plus d’une économie américaine trop forte aux yeux de la Fed, et d’une Europe engluée dans la stagflation.

Il reste cependant à vérifier que l’atténuation de ces surprises économiques soit bien le prélude à un véritable rééquilibrage vertueux de la croissance entre les deux poids lourds des économies développées. C’est un des enjeux majeurs de l’année 2024. Ce scénario de rééquilibrage accompagné d’une poursuite de la désinflation est peu ou prou celui qui est inscrit dans la moyenne des prévisions des économistes (graphique 2). Selon ces prévisions, après une croissance de presque +2,5% en 2023, l’économie US ralentirait à +1,25-1,5% en 2024. Pour l’Europe, le consensus table sur une sortie de la quasi-stagnation de 2023 vers une croissance proche de celle des Etats-Unis à partir du printemps 2024.

Côté américain, les évolutions récentes ne pointent pas encore vers le ralentissement attendu aux Etats-Unis. Les demandes d’indemnités chômage restent très basses, et la baisse des prix des carburants pourrait prolonger la croissance de la consommation. L’épuisement de l’épargne excédentaire des ménages, la baisse des indicateurs avancés et les effets retardés de la hausse de taux maintiennent cependant les anticipations de ralentissement. Ce ralentissement est encore considéré par la plupart des économistes comme nécessaire pour parfaire le processus de désinflation, et donc stabiliser les marchés de taux d’intérêt. Mais l’inflation ayant déjà baissé sensiblement, un ralentissement brutal n’est plus indispensable.

Côté européen, malgré les effets négatifs de la hausse passée des taux d’intérêt, les arguments en faveur d’un rebond sont nombreux. Outre les investissements dans la transition énergétique, la région devrait bénéficier d’une épargne des ménages abondante, du retour du pouvoir d’achat – les prix montent désormais moins vite que les salaires – et de la fin des effets du choc énergétique sur la croissance des secteurs industriels les plus énergivores. La baisse récente des prix du pétrole ne fait que renforcer la crédibilité de ce scénario de reprise non-inflationniste. Enfin, si ces soutiens ne se traduisent pas suffisamment rapidement par un retour de la croissance, la BCE sera probablement en position pour donner un coup de pouce au printemps, l’inflation baissant déjà plus vite que prévu (graphique 3).

Sur la base des évolutions récentes, le scénario de rééquilibrage pour 2024 nous semble crédible. Le risque principal demeure celui d’une croissance américaine toujours trop forte qui menacerait le processus de désinflation, avec une nouvelle déstabilisation des marchés obligataires. Le risque numéro deux viendrait d’une Europe qui entrerait en récession cet hiver, avec une hausse significative du chômage, mais il est très probable qu’un tel scénario serait rapidement contré par une action de la BCE.
Nous maintenons un taux d’exposition aux actions légèrement supérieur au neutre dans nos fonds globaux, avec une duration obligataire positive mais encore assez modeste. Notre moteur de rendement régulier reste le monétaire.

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