Le réveil des ex-frugaux : un nouveau moteur pour l’Europe ? - 31 août 2026
Grands perdants de la guerre en Ukraine, les pays du nord de l’Europe repartent de l’avant cette année grâce à la forte impulsion budgétaire décidée en 2025. C’est une bonne nouvelle, même si les conséquences pour le reste de l’Europe sont ambiguës.
A l’heure où le niveau élevé des dettes publiques interroge les économistes et les investisseurs, les pays du nord de l’Europe se distinguent nettement. Supérieure à 100% du PIB dans la plupart des grands pays développés, la dette publique brute de ces « frugaux » varie en effet de 27% du PIB au Danemark à 66% du PIB en Allemagne en 2026 (graphique 1). Pour ces pays, les effets des chocs historiques majeurs de la grande crise financière puis du Covid ont disparu des comptes publics. Au prix cependant d’ajustements qui ont parfois lourdement pesé sur la croissance domestique.
Ces quatre pays pèsent pour 7 000 milliards d’euros de PIB, soit 37% de l’économie de l’UE. Particulièrement impactés par la crise énergétique issue de la guerre en Ukraine, ils ont généralement sous-performé la moyenne européenne de 2022 à 2024. Ils se redressent aujourd’hui en ordre dispersé. Lentement en Allemagne, avec une croissance qui atteint enfin les +1% au T2-2026, et aux Pays-Bas (+1,3%), et nettement plus vite en Suède (+3,3% de croissance) et au Danemark (+4,5%). La croissance agrégée de ces ex-frugaux atteint aujourd’hui +1,5%. Elle dépasse légèrement celle du reste de la zone euro pour la première fois dans ce cycle (graphique 3).
Ces quatre pays pèsent pour 7 milliards d’euros de PIB, soit 37% de l’économie de l’UE. Particulièrement impactés par la crise énergétique issue de la guerre en Ukraine, ils ont généralement sous-performé la moyenne européenne de 2022 à 2024. Ils se redressent aujourd’hui en ordre dispersé. Lentement en Allemagne, avec une croissance qui atteint enfin les +1% au T2-2026, et aux Pays-Bas (+1,3%), et nettement plus vite en Suède (+3,3% de croissance) et au Danemark (+4,5%). La croissance agrégée de ces ex-frugaux atteint aujourd’hui +1,5%. Elle dépasse légèrement celle du reste de la zone euro pour la première fois dans ce cycle (graphique 3).
Malgré ces résultats, le momentum de croissance n’est pas encore suffisant pour crier victoire et revenir à une frugalité excessive. Pour 2027, la Commission anticipe pour le moment que l’impulsion budgétaire se poursuivra en 2027, mais à un moindre rythme, de l’ordre de 0,25% du PIB. Ces chiffres pourraient cependant évoluer. La Suède vient par exemple d’annoncer que les rentrées fiscales étant revues à la hausse du fait de la croissance économique, ce qui donne une marge de manœuvre supplémentaire pour 2027 (les élections générales suédoises auront lieu le 13 septembre). Beaucoup d’analystes pensent par ailleurs que le plan allemand de relance des infrastructures se matérialisera davantage en 2027 qu’en 2026. Enfin, les dépenses militaires continueront sans doute à monter plus vite que le PIB.
Pour le reste de la zone euro, cette accélération du Nord s'avère à double tranchant. Certes, le réveil économique de ce bloc offre un effet d’entraînement bienvenu, mais ses retombées directes risquent d’être modestes. À l'inverse, cette reprise – couplée à la remontée des prix de l'énergie – pourrait inciter la BCE à durcir encore sa politique monétaire pour contenir l'inflation. Un scénario peu enviable pour la France et l’Italie, où l’inflation est faible et la dette publique élevée, avec des tensions sur les taux longs. Finalement, ce basculement conjoncturel, combiné aux échéances politiques majeures en France et en Italie, s’annonce comme l'un des moteurs clés de la reconfiguration économique et politique de l'Europe à l'horizon 2027.
Nos dernières actus
07/09/2026
Résilience économique et boom des profits : vers un chemin plus étroit ? - 7 septembre 2026
La philosophie économique des années 2020 marque une rupture : l'ère est keynésienne, populiste et géostratégique.


