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Le double effet positif de la désinflation sur les marchés des actions-4 décembre 2023

L’inflation fond désormais à vue d’œil. Cette tendance améliore à la fois les perspectives de taux d’intérêt et les perspectives économiques, ce qui favorise les marchés des actions.

Les mouvements récents des marchés financiers ont confirmé que l’inflation restait, pour les investisseurs, « l’autre nom du risque ». Les excellents chiffres d’inflation en zone euro et aux Etats-Unis ont donc logiquement conduit à une remontée des cours des actifs risqués. Au mois de novembre, l’inflation de la zone euro, déjà bien orientée depuis plusieurs mois, s’est presque effondrée, à +2,4% en glissement annuel. Hors alimentation et énergie, l’inflation « core » reste un peu plus élevée à +3,6% en glissement annuel, mais les évolutions des 3 et 6 derniers mois sont très favorables (graphique 1).

Certains membres de la Banque centrale européenne continuent de parler de risques futurs venant des salaires, mais ceux-ci sont d’ordinaire des indicateurs retardés. Les marchés financiers intègrent désormais dans les prix que la BCE commencerait à baisser ses taux d’intérêt au printemps prochain au rythme de 25 points de base tous les deux mois. C’est loin d’être irréaliste, d’autant que la BCE ne souhaite surtout pas que l’inflation structurelle revienne au niveau trop faible (autour de +1,25%) où elle se situait avant le Covid. Il faudra cependant surveiller la trajectoire de la reprise économique prévue en 2024 en zone euro, et son impact potentiel sur les pressions inflationnistes, pour se faire une meilleure idée du potentiel de baisse des taux d’intérêt. Reste le point essentiel : la désinflation permet d’améliorer à la fois les perspectives de taux d’intérêt et celles de la croissance en Europe, via les gains de pouvoir d’achat.

Pour le moment, les bourses mondiales restent fortement corrélées aux marchés obligataires, comme elles le sont depuis le milieu de l’été (graphique 2). Notons cependant que les actions commencent à faire un peu mieux que les obligations souveraines depuis début novembre, ce qui nous semble logique. Sauf récession, il sera difficile pour les obligations souveraines, dont les rendements restent bas par rapport au monétaire, de faire mieux que les actions. De plus, les baisses désormais plus probables de taux d’intérêt à court terme en 2024 pourraient n’avoir que peu d’effets sur les taux à long terme, la courbe des taux se redressant alors. Enfin, dans un scénario de croissance mondiale modérée sans inflation, les actions bénéficient à la fois des moindres craintes sur les taux d’intérêt et d’une plus grande confiance dans la pérennité de la croissance.

Reste à surveiller les probabilités associées à un scenario plus complexe, celui d’une poursuite de la remontée des anticipations de croissance dans la zone du monde où c’est plutôt le ralentissement qui est souhaité : les Etats-Unis. Ce scénario semble certes nettement moins dangereux maintenant que l’inflation américaine est proche des objectifs de la Fed, mais il pourrait faire douter les investisseurs sur la pertinence d’un assouplissement monétaire l’année prochaine. La consommation américaine reste en effet assez forte, et les gains de pouvoir d’achat accélèrent. Il est de plus assez probable que le mouvement de déstockage industriel à l’œuvre depuis plusieurs mois touche bientôt à sa fin, laissant place à une reprise du secteur manufacturier, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde (graphique 3).

Nous demeurons surpondérés sur les actions dans nos fonds globaux. Notre duration obligataire reste positive mais assez modeste. Notre moteur de rendement régulier reste le monétaire.

Télécharger la lettre hebdomadaire en version PDF - 04 décembre 2023