LA LETTRE MENSUELLE - Août 2022
MACRO CORNER
La modération de la croissance stabilise les marchés
Le rachat des positions vendeuses s’accélère sur les marchés, conséquence d’un positionnement trop pessimiste des investisseurs. Parfois confuses, les dernières statistiques économiques mondiales penchent plutôt en faveur du scénario de modération, et les résultats des sociétés rassurent.
Le PIB américain s’est contracté au T2 pour le deuxième trimestre consécutif (-0,9% après -1,6%, taux annualisés), surtout en raison d’une forte baisse des stocks de produits agricoles (-45 milliards de dollars). Parler de récession ne fait cependant pas grand sens dans la mesure où le premier semestre a vu un boom de l’emploi et une progression de la demande domestique (graphique 1), sans parler des très bons résultats publiés par les sociétés.
Il reste cependant clair que même si son ampleur fait débat, le ralentissement américain est bien là, et il s’accompagne d’une baisse de certaines pressions inflationnistes (prix de l’essence, délais et coût des livraisons, etc.). C’est ce que les investisseurs attendaient pour se rassurer. Une poursuite de la surchauffe américaine aurait en effet constitué le pire des scénarios possibles pour les marchés financiers. Avec une économie au ralenti, la Réserve fédérale américaine aura moins besoin de serrer la vis. Il faut cependant noter que les taux à court terme restent très largement inférieurs au taux d’inflation, ce qui ne plaide pas en faveur d’un changement de trajectoire de la politique monétaire. De plus, les derniers chiffres d’inflation, comme le déflateur de la consommation privée, à +0,6% sur le mois de juin (un plus haut pour cette année), montrent que le chemin reste long avant de retrouver une inflation normale.
En zone euro la croissance du deuxième trimestre a, au contraire des Etats-Unis, surpris à la hausse (+0,7%, après +0,5% au T1), ce qui contraste avec l’opinion très négative des investisseurs au sujet de l’Europe. Le dynamisme post-Covid du secteur des services explique l’essentiel de ces bons chiffres. Cette dynamique devrait cependant se modérer, comme le suggère déjà les dernières enquêtes auprès des entreprises européennes. De plus, l’Allemagne, plus industrielle et moins touristique, est, elle, déjà peut-être en récession. Son PIB a stagné au T2, mais surtout son taux de chômage est orienté à la hausse depuis deux mois, passant de 5% en mai à 5,4% en juillet (graphique 2).
Cette déprime allemande et les perspectives européennes assombries par la crise du gaz russe sont cependant largement dans les cours des obligations. L’écart entre les taux à très court terme et le rendement des obligations allemandes à deux ans s’est en effet très fortement réduit, ces derniers passant même sous le niveau du taux de refinancement de la BCE (graphique 3). Pire, à 0,25% en nominal, les obligations allemandes à deux ans portent un taux réel, après inflation anticipée, de moins 5,4% !
Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, une poursuite de la baisse des rendements obligataires devient donc de plus en plus difficile à envisager. Nous restons à l’écart de ce marché et nous nous concentrons sur celui des actions. Nous avons achevé le processus de normalisation de notre exposition au marché au cours des derniers jours afin de participer au rebond. Nos fonds internationaux restent investis dans les thèmes de la transition énergétique – thème qui profite de bonnes nouvelles politiques américaines récentes – et du rebond des sociétés technologiques américaines les moins chères. Nous demeurons par ailleurs bien investis sur les valeurs japonaises et sur le yen.
MICRO CORNER
7 raisons d’investir responsable dans l’industrie française
Depuis 1990, l’industrie française a divisé par deux ses émissions annuelles de gaz à effet de serre. Combinaison de gains d’efficacité et d’une désindustrialisation, la crise sanitaire et les perturbations logistiques qui en découlent ont rappelé l’importance de la proximité des capacités industrielles. PME et grands groupes innovent pour décarboner leur production, avec le soutien de l’Etat. Ce qui ouvre de nombreuses opportunités d’investissement responsable pour les épargnants.
L’industrie française a divisé par deux ses émissions de gaz à effet de serre en 30 ans
Entre 1990 et 2020, le volume de gaz à effet de serre rejeté par les usines françaises a fondu de 46%, passant de 144 mégatonnes (ou millions de tonnes) équivalent CO2 (MtCO2eq) à 78 MtCO2eq en 2021(1). Cette réduction place la France parmi les économies industrialisées les moins émettrices de gaz à effet de serre en termes d’émissions par habitant et par unité de PIB. Pour autant, la décarbonation de l’industrie française doit se poursuive, et s’intensifier après une année record pour les créations d’usines en France (120 usines nouvelles en 2021). Génératrice de 19% des émissions de l’économie française, elle est le deuxième secteur économique le plus polluant en France, après les transports.
Elle doit encore réduire ses émissions de 81% par rapport à leur niveau de 2015 pour contribuer à l’objectif national (et européen) de neutralité carbone d’ici 2050. Cet objectif de «neutralité», qui implique de ne pas émettre plus de carbone que l’on en capte chaque année, est un défi mondial, et capital. Il est indispensable pour contenir le réchauffement climatique et limiter l’augmentation des températures en deçà des 2°Celsius, selon le Giec(2).
Or, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat précise que les actions menées d’ici à 2030 seront déterminantes pour s’inscrire dans cette trajectoire. Ainsi, le 18 juillet dernier, le chef de l’ONU a exhorté les Etats à tenir les engagements de développement durable pris lors des Accords de Paris (2015), malgré le contexte «éprouvant» des dernières années (pandémie de Covid-19, conflits…). Jusqu’à présent, les ambitions politiques restent plutôt alignées : fin juin, le Parlement européen a adopté 14 mesures pour réduire les émissions européennes des 27 de 55% d’ici à 2030 (par rapport à leur niveau de 1990)(3).
5 milliards d’euros pour décarboner l’industrie française avec des solutions innovantes
En France, chaque filière industrielle est tenue par la loi de transcrire la Stratégie Nationale Bas-Carbone dans une feuille de route, révisée en mai 2021. Ce document fixe les objectifs de réduction des émissions carbone et les budgets pour soutenir cette transition. Ainsi, l’objectif de réduction des émissions de carbone d’ici à 2030 (par rapport au niveau de 2015) est de 31% pour la filière Mines et Métallurgie, 26% pour la Chimie, de 24% pour le ciment ou encore de 39% pour la filière Papier-Carton(4).
Pour relever ce défi en dépit des avaries conjoncturelles, le plan France Relance prévoit 5 milliards d’investissements publics dédiés à participer à la décarbonation des 260.000 entreprises industrielles françaises (dont 90% sont des PME). Fin 2021, soit un an après sa mise en place, 141 projets ont été financés sur l’ensemble du territoire, visant à réduire les émissions de 2,8 millions de tonnes de CO2eq par an(5). D’autres le seront d’ici à la fin 2022. Chacun d’eux met en œuvre des processus innovants et plus durables, à l’échelle d’une activité locale ou d’un démonstrateur industriel destiné à être déployé dans toutes les usines au cours des prochaines années.
Electrification, récupération de la chaleur fatale : les alternatives aux énergies fossiles se mettent en place dans les usines
Les solutions expérimentées visent à répondre à trois grands enjeux. Le premier consiste à substituer des énergies recyclables ou renouvelables (électricité, combustible biomasse, chaleur fatale…) aux énergies fossiles (charbon, pétrole…). Par exemple, dans l’industrie agro-alimentaire, plusieurs entreprises (Cristal Union, Tereos) expérimentent la récupération de la chaleur fatale issue du raffinage du sucre pour sécher les pulpes destinées à l’alimentation animale, visant à réduire les émissions carbone de ce processus jusqu’à 90%.
D’autres industries (manufactures verrières, cimentières, chimie…) cherchent elles aussi à récupérer et à utiliser la chaleur fatale (vapeur d’eau, air, condensats industriels…). Les producteurs d’énergie les aident à capter ces nouvelles sources énergétiques, via leurs filiales spécialisées dans l’accompagnement pour la transition zéro carbone (Engie Energie Services par exemple).
Les industries françaises veulent mieux consommer les ressources naturelles avec l’économie circulaire
Le deuxième enjeu du développement durable de l’industrie française consiste à produire en prélevant moins de ressources naturelles nouvelles (eau, minerais…). Le principe de l’économie circulaire est exploré dans plusieurs secteurs industriels. Ainsi, les process industriels sont adaptés pour recycler et réutiliser de la matière. C’est le cas dans la production de carton à partir de papier recyclé, dans la métallurgie, avec la re-fusion des chutes de fonte chez Saint-Gobain PAM Canalisations par exemple, ou dans la production textile, avec la récupération et la réutilisation des eaux usées.
Pour consommer moins de ressources naturelles, les produits doivent être utilisables plus longtemps. Les industriels modifient donc leur production dès sa conception, pour lutter contre l’obsolescence. En somme, c’est tout le modèle économique des industries qui est repensé. Ainsi, Michelin prévoit de réaliser 30% de son chiffre d’affaires hors des pneus, via l’hydrogène, d’ici à 2030. Dans son activité historique, les nouveaux pneus seront fabriqués d’ici à 2050 à partir de matériaux renouvelables à hauteur de 80%. Enfin, pour accompagner la gestion des déchets, l’entreprise organisera la collecte des pneus usagés, valorisables à 85%(6).
L’efficacité énergétique participe à la rentabilité des industries françaises
Le troisième enjeu vise à améliorer l’efficacité énergétique de la production. Cela passe par le renouvellement des machines (qui ont une durée de vie de 40 ans en moyenne), pour les remplacer par des modèles aussi performants et plus économes en énergie. Or, selon le Réseau Action Climat, 50% des équipements et usines doivent être remplacés dans la décennie 2020-2030 dans les secteurs de la chimie et de la sidérurgie, et 30% dans le secteur de la cimenterie. Ainsi, dans le secteur de la métallurgie ou de la fonderie de verre, les fours vieillissants se voient substituer des équipements de dernière génération à haute efficacité énergétique.
Certaines usines espèrent ainsi réduire de plus de 10% leur consommation énergétique. Cet effort d’efficacité énergétique peut être renforcé par les nouvelles technologies numériques (intelligence artificielle, data…). Par exemple, Schneider Electric a réduit la consommation annuelle d’énergie de son usine du futur du Vaudreuil de 4% en intégrant à ses chaînes de production des capteurs et un système d’analyse des données. Ce qui s’est traduit par une baisse des coûts de production de 10%. Et le retour sur investissement a été atteint en 2 ans(7).
Acier vert, destruction des déchets plastiques : les groupes et PME françaises sont à la pointe de l’innovation mondiale
Par ces recherches et expérimentations, les industriels français développent des solutions innovantes à l’échelle mondiale. Ainsi, depuis mars 2022, Arcelor Mittal a équipé la cheminée de son usine de Dunkerque d’une tour alimentée par un gaz capteur de CO2, dont il pourra à terme organiser le stockage, selon l’évolution réglementaire. Ce démonstrateur pourra être déployé sur l’ensemble de son parc industriel, en complément des deux autres volets de la stratégie du groupe pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre : substituer l’hydrogène au charbon, et utiliser jusqu’à 25% d’acier recyclé dans sa production. Ainsi, Arcelor Mittal veut devenir le premier producteur mondial d’acier vert en atteignant la neutralité carbone en 2050(8).
Les grands groupes n’ont pas l’apanage de l’innovation durable : des PME françaises se distinguent tout autant à l’échelle mondiale. Ainsi, la biotech française Carbios a développé une solution de destruction des déchets plastiques PET grâce à des enzymes bactériens, avec le soutien de L'Oréal, Nestlé Waters, PepsiCo et la filiale européenne du japonais Suntory. Début juillet, elle vient de signer un accord de partenariat avec Puma, On.running, Patagonia et Salomon pour étendre ses recherches à la recyclabilité des textiles.
L’industrie du futur a besoin d’investissements, et les épargnants peuvent y contribuer
Pendant que les entreprises industrielles françaises et européennes déploient leurs solutions pour une production plus respectueuse de l’environnement, le régulateur veille à les protéger d’une concurrence déloyale de produits étrangers moins chers et plus polluants. Ainsi, l’Union européenne a voté la mise en place d’une taxe carbone à l’importation à partir de 2026(9). Les pouvoirs publics soutiennent également les investissements nécessaires à la transition environnementale des industries, qui requiert plusieurs milliards d’euros.
Pourtant, les flux financiers vers la transition écologique sont trois à six fois inférieurs aux besoins, selon un analyste de l’OCDE, Raphael Jachnik, spécialiste de la finance climat et co-auteur du 6e rapport du Giec (10). Les opportunités d’investissement socialement responsable sont nombreuses et ouvertes aux investisseurs particuliers grâce aux placements ISR, et notamment les fonds Climat. Ainsi, chaque Français peut participer à l’émergence de cette industrie du futur alignée sur les objectifs de développement durable. La lutte contre le changement climatique est à la portée de chaque épargnant.
Le fonds Climat de Dorval Asset Management est exposé aux risques spécifiques suivants : risque actions, risque de change, risque de taux, risque de crédit, risque lié à l’utilisation des instruments dérivés financiers et risque de durabilité. Le capital investi n'est pas garanti.
Les exemples cités reposent sur la base d’analyses propres à Dorval AM en date du 25/07/2022. Ils ne constituent pas un engagement ou une garantie. Cette dernière se réserve la possibilité de faire évoluer ses analyses.
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En savoir plus :
- Citepa, juin 2022. Inventaire des émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre en France – Format Secten : https://www.citepa.org/wp-content/uploads/Citepa_Rapport-Secten-2022_Rapport-complet_v1.8.pdf
- Le troisième volet du rapport 2022 du Giec, publié le 4 avril 2022, est consultable ici : https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg3/
- Communiqué de presse du Parlement européen, juin 2022 : https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20220616IPR33219/changement-climatique-independance-energetique-et-action-plus-rapide-de-l-ue
- Ministère de l’Environnement et de la Transition énergétique, Mars 2020, Stratégie Nationale Bas Carbone - La transition écologique et solidaire vers la neutralité carbone : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/SNBC-2%20synthe%CC%80se%20VF.pdfet Conseil National de l’Industrie et Copacel, Février 2022, Décarbonation de l’industrie - Feuille de route de l’industrie papetière : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/2022.03.10_COPACEL_feuille_route_decarbonation.pdf
- Chiffre et exemples extraits des rapports d’appels à projet France Relance, Ademe, novembre 2021 : https://agirpourlatransition.ademe.fr/entreprises/decarbonation-lindustrie-laureats
- Institut National pour l’Economie Circulaire, avril 2021, Pivoter vers l’économie circulaire : https://institut-economie-circulaire.fr/wp-content/uploads/2021/10/pivoter-vers-lindustrie-circulaire_INEC_OPEO.pdf
- Communiqué de presse, Schneider Electric : https://www.se.com/fr/fr/about-us/events/local/innovation-hub/le-vaudreuil/
- Communique de Presse, Arcelor Mittal, février 2022 : https://france.arcelormittal.com/news/2022/fev/vers-une-production-dacier-sans-co2-en-france.aspx
- Communiqué de presse du Parlement européen, juin 2022 : https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20220616IPR33219/changement-climatique-independance-energetique-et-action-plus-rapide-de-l-ue
- ONU, avril 2022, 3e volume du 6e Rapport du Giec (IPCC AR6 WG III), Atténuation du changement climatique, chapitre 15, Investissement et Finance, p 2520 : https://report.ipcc.ch/ar6wg3/pdf/IPCC_AR6_WGIII_FinalDraft_FullReport.pdf
CORPO CORNER
Encore une fois Snowshoe a livré un grand spectacle !
Lors de cette 6e finale de coupe du monde de la saison, Camille Balanche remporte la descente sur la terrifiante piste de Snowshoe avec une multitude de pilotes partant à la faute et la quasi-impossibilité de sortir un run propre et rapide à la fois… La recette était donc “simple” : ne pas faire d’erreur. Camille Balanche aura été la seule à ne pas partir à la faute dans son run. Une propreté payante, elle s’impose avec plus de 4 secondes d’avance ! Il s’agit de sa 3e victoire cette saison, après Lourdes et Leogang.
Monika Hrastnik roulait super bien à l’entraînement mais a été un peu malchanceuse en finale avec une chute mais a réussi à revenir sur le podium pour prendre la 5e place.
Benoit Coulanges n’était pas non plus 100% en bonne santé après son énorme accident en Andorre. Il a fini 16e et il est toujours 7e au général.
Alix Francoz, le junior de l’équipe, a quant à lui a réalisé son meilleur résultat de carrière avec la 6e position !
Bravo à cette belle équipe de champions pour ces très beaux résultats, et tous nos encouragements pour la prochaine étape au Canada !
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